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Catherine Gillet - Louis René Berge” Dessins & gravures au burin / dialogue de deux burinistes
à la Galerie Nabokov, Paris
du 2 au 19 mai 2012


www.galerienabokov.com
www.catherine-gillet.com
louisrene.berge.free.fr

 

 

©Anne-Frédérique Fer, vernissage, le 3 mai 2012.

 

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légendes de gauche à droite :
1/   L'espace d'un instant. Gravure au burin sur cuivre. © C. Gillet - tous droits réservés.

2/   Fleurs de l'âge. Suite de 3 gravures au burin sur cuivre. © C. Gillet - tous droits réservés.
3/   Génération. © Louis-René Berge - Tous droits réservés.
4/   Promenade d'hiver. © Louis-René Berge - Tous droits réservés.
 


extrait du communiqué de presse

 

Cette exposition est en germe depuis plusieurs années. Louis-René Berge et Catherine Gillet se sont rencontrés lors de l'exposition « Le burin selon chacun » initiée par Berge en 2002 à l'Espace Saint-Martin à Paris, qui réunissait des graveurs burinistes afin de mettre en lumière la diversité des écritures de graveurs avec le même outil. Une amitié s'est tissée entre les deux burinistes, faite de rigueur et d'exigence à l'image de leur outil de prédilection.
Barbara et Alexis Nabokov présentent régulièrement le travail de C. Gillet et ont participé à deux éditions du Mois de l'estampe avec plusieurs graveurs. Le propos de l'exposition est de mettre en résonance les deux approches très différentes de la gravure au burin que Berge et Gillet montrent au fil de leur travail, et la rencontre de deux univers d'artistes de générations distinctes.

 

 

Louis-René Berge
Louis de Broglie, Chancelier de l'Institut de France, a écrit à propos de l'oeuvre de Louis-René Berge, membre de la section Gravure de l'Académie des Beaux-Arts : «C'est que la gravure pour Berge est une écriture, dans une langue plus concise et plus mordante que celle que véhiculent nos plumes. Pour qui regarde son oeuvre, avec un peu de recul, il semble qu'il n'ait fait que poser délicatement ses empreintes digitales sur l'épiderme douloureux du temps».
Les gravures de Berge racontent sa vie, ses questions, ses doutes, et plus largement la condition humaine et le rapport au temps, avec beaucoup de pudeur et toujours le burin comme seul outil, prolongement de la main, au service de l'esprit. Les titres de certaines gravures disent cela comme «Ombre intérieure» «Petites angoisses quotidiennes» ou «l'Attente»...
De son rapport à l'outil, Louis-René Berge expliquait récemment : «J'ai assez rapidement senti qu'il était un compagnon avec qui on pouvait dialoguer, mais sur un certain ton. Sa voix est impérative, exigeante mais elle peut être à l'écoute de qui lui tient tête, et qui même l'entraîne quelques fois là où elle n'irait pas forcément».
Cette exposition à la Galerie Nabokov présente un choix de gravures qui permettent d'être au plus près des thèmes de l'artiste. Le style de Berge est très reconnaissable avec ses réseaux de longs traits droits ou sinueux qui tissent et habitent l'espace en laissant la trace de la pensée, Ce réseau de tailles et/ou de contre-tailles permet à l'artiste de mûrir le sujet principal de la gravure, que ce soit des silhouettes de personnages, d'objets du quotidien, vus souvent d'en haut avec leur ombre portée, en réserve dans ces jeux de gris plus ou moins denses du fond. Une manière de dire le temps qui passe.
Le temps : au coeur du processus créateur de beaucoup d'artistes, le temps revêt une importance toute particulière chez les burinistes et pour Louis-René Berge, la lenteur même est revendiquée et assumée.
L'exposition présente également des dessins inédits à l'encre de chine de Berge, des déclinaisons dessinées à partir d'épreuves d'une même gravure «le filet», métamorphosée par l'imagination de l'artiste en foule qui se presse sur le Pont-Neuf, ou en arbre au milieu des flots.

 

Catherine Gillet
Catherine Gillet travaille par séries le plus souvent et n'imprime que lorsque toutes les planches sont gravées. Ce travail en aveugle lui permet d'aller plus loin, de ne pas se laisser séduire par le rendu des images.
Elle dit de son rapport à l'outil : «La gravure au burin m'apporte ceci de précieux : la conjugaison de la lenteur et de l'urgence, mariage improbable qui, comme un révélateur, amène à un dépassement de soi.»
Le poète et écrivain Alexis Gloaguen a écrit à propos de son travail «Ces oeuvres – dessins et gravures- parlent de naissance : celle d'un contour, celle de l'observation avant la mise au point de la raison, celle de la ligne qui tente d'exprimer. Ce sont livres d'écumes, matrices de mouvements, souvenirs d'échos. Ce sont gravitations, amorces de gestes, sentiers sur les bords. Elles se situent entre ombre et lumière, à l'aube d'un tressaillement».
Le burin de Gillet est à la lisière de l'indicible : «Il y a ce goût pour le corps, la peau, la chair, les bribes, les cicatrices et plis secrets, mémoires invisibles et indélébiles. C'est ce qui me porte et me pousse dans mes recherches, les traces du temps sur le vivant».
L'exposition présente un choix de ses gravures pour dialoguer avec celles de Berge et mettre en évidence l'importance de l'écriture et du cheminement. Les dernières gravures disent ainsi les questions sous jacentes : «Les Absents», «l'Amplitude du doute», «Réminiscence».
Le fait qu'il n'y a pas de retour en arrière possible avec le burin oblige à des choix permanents Le dessin peut permettre de se libérer de cette contrainte. C. Gillet explique ainsi son rapport au dessin : «Le dessin, en apparence plus spontané, avec une prédilection pour des papiers japonais fins et veloutés comme une carnation, est un terrain d'expériences plus libre qui par les jeux de superpositions des traits, de transparence parfois, fait aborder la thématique qui me guide avec l'âme du voyageur».