"un monde l'autre" artistes chinois et européens

En réponse à la rencontre d’artistes européens et chinois lors de exposition collective de Nankin en 2010,
les 800 m2 des Grands Salons d'Exposition de la mairie du 13e accueillent 35 artistes contemporains,
du vendredi 5 au vendredi 12 octobre 2012.

 

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Xie Wanxuan

Xie Wanxuan est une étudiante chinoise sortant de l’Ecole des Beaux Arts de Versailles.
C’est pour elle une démarche délibérée de se réapproprier la technique ancestrale chinoise du tampon sur rocher.
En rajoutant par exemple des végétaux à l’impression de la forme naturelle du rocher, elle fait surgir des mondes oniriques que traversent, tel un palimpseste dévoilé, les idéogrammes de l’origine.

portrait_Zhang-Yi_0 Zhang Yi

Maxime Zang Yi, artiste chinois venu en Europe ressusciter d’antiques procédés photographiques collectionne du matériel, expérimente et réétalonne des techniques de développement datant des Frères Lumière tel le gélatino-bromure d’argent ou l’autochrome. L’aspect historique et scientifique de la démarche a révélé à son regard d’artiste une écriture graphique décalée du monde numérique contemporain et emprunte d’une émotion magique.

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Demosthenes Agrafiotis

Démosthène Agrafiotis se définit comme artiste intermedia. Deux performances “le fil rouge” et “corps d’exposition” bousculeront les codes, qu'il juge stables sinon dominants, de la mise en scène de l’exposition dans le but d’explorer les limites entre les pratiques artistiques telles quelles ont été élaborées au sein des sociétés modernes.

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Zheng Bo Lin  郑柏林

La facture d’une exceptionnelle finesse du dessin de Zheng Bo Lin, peintre du monde rural, aux pinceaux sur papier de soie, offre au visiteur la vision paradoxale d’une représentation réaliste d’animaux qui pourraient aussi bien peupler la campagne chinoise d’aujourd’hui que les prairies normandes. Qui sont ces génisses qu’un trait oriental a saisi dans leur incontestable beauté, d’où viennent-elles ? Une interrogation à donner le vertige.

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Xiao Pei Hua  肖陪华

Vouloir que son œuvre de calligraphe soit exécutée dans l'exacte ressemblance des idéogrammes de Mao Tse Dong n'est en rien un travail de copiste si l'on considère que l'idéogramme est un dessin plus qu'une écriture, qu'il est l'idée voire même l'objet auquel il donne vie. Dans une tradition où le signe est l’équivalent du Verbe créateur du monde biblique, dessiner dans les traces de Mao est incontestablement pour Xiao Pei Hua un acte créatif.

Christian-Haese_1 Christian d'Haese

Vous ne verrez pas les Black Whale Bones de Christian, seules quelques images vous montreront la partie lourde du projet. Telles d’immenses ailes noires flottant au-dessus de nos têtes les Black Whale Bones, par une sorte de mouvement perpétuel, auraient suggéré à un logiciel de reconnaissance de caractères des idéogrammes chinois, fabricant ici un texte automatique et aléatoire. Christian n’est plus là, il était notre ami.

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Alice Morlon

Un grand coquillage est installé au milieu de la salle d’exposition, tels deux éventails qui se tiendraient là, solidaires, ils occupent l’espace en parasites envahissants. Une peau est tendue sur l’ossature métal, fine, fragile, partiellement installée, elle crée deux mondes complémentaires, l’intérieur et l’extérieur du coquillage.

Oremi-portrait_1 Orémi

9 masques traditionnels africains redesignés par l’artiste Orémi. Les déchets des industries chinoise ou européennes ne sont jamais perdus en Afrique. Quand ce n'est vraiment plus récupérable, on en fait de l’Art !
À nous de deviner la part de l’Afrique, de la Chine et de l’Europe dans les œuvres de cet artiste.

Ba-Hai_0 Ba Hai

Dès cinq heures du matin, les hommes âgés du village de Zhuge se retrouvent boire le thé dans une cantine qui sera peu après vide. Chaque visage s’ajoutant à un autre visage suggère le passage déterminé des hommes dans un lieu et un temps collectif. Ba Hai propose une série de photos et de pastels qui n’est pas sans rappeler les cinq cents disciples du Bouddha réunis autour d’un humble repas, en une autre étape de la roue des temps.

Claude-Abeille_0 Claude Abeille

Une danse où ne se sépareront plus l'homme et la femme. Plus grands que nature ces danseurs en résine, blafards comme faits de plâtre, trouvent leur brutalité dans le contraste de couleurs vives déposées sur ce blanc immaculé. La démesure des dimensions, la violence des couleurs et la découpe des formes font entendre à notre regard la musique rythmée d’un tango assourdissant.

Sonia-Brotmann_1 Siona Brotman

Un sujet de prédilection, le portrait de femmes ! Une pratique de la peinture à l’huile marginale qui associe diverses matières, quelquefois des plus insolites… Siona Brotman pose la question de l’individu, elle installe entre nous et le modèle une sorte de filtre, ici des perles blanches, tout en nous permettant de nous rapprocher dans une proximité intime.

chenyang-portrait_0 Chen Yang

Formé par l’ENSBA à Paris, Chen Yang présente une vision de l’Europe par des prises de vue nocturnes de la ville. Le graphisme strict d’une architecture géométrique est accordé au titre de la suite « Espaces inconscients », dans laquelle la présence humaine est presque effacée. Seul quelque jeu de lumière évoque une présence dans un espace collectif mais vide.

Joris-Dijkmeijer_1 Joris Dijkmeijer

Le colosse s’élève malgré lui au-dessus des foules…
Joris Dijkmeijer découpe, tord, manipule tout ce qui lui passe par les mains, tant ces dernières sont puissantes. Son regard bienveillant pourtant l’oblige ! Il est humain, et sait que ses désirs ne sont pas très différents des désirs de ses semblables.

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Daniel Purroy

Quand “le cru et le cuit” sont le “vide et le plein” !
Il s’agit d’une surface verticale remplie de boue où est sérigraphié le portrait géant d’un homme. Quand la boue séche, se dégrade, elle laisse apparaître le vide. Une nouvelle image naît, qui devient la structure d’un nouveau système de signification.

carole_0 Carole Fauchon-Dorer

La roche est l'élément de base de l'écriture plastique de Carole Fauchon-Dorer. Elle y trouve la possibilité et la liberté d'un répertoire infini de couleurs et de formes. « Ce sont les signes fascinants d'un énigmatique secret ». Conçues en matériaux synthétiques ces pierres s'agencent cependant comme une méditation minérale.

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Li Yu Yao 李玉耀

La recherche de la beauté est au cœur de la démarche artistique orientale. Li Yu Yao, maîtrisant une calligraphie esthétisante à tampon d’or sur papier de riz, s’inscrit dans la tradition millénaire où l’on symbolise les événements de la vie. Et si nous ne savons pas décrypter le sens caché des dragons, il en reste la somptueuse harmonie graphique.

Pierre-Bendine-Boucar-detail_1 Pierre Bendine Boucar

La peinture de Pierre Bendine Boucar n’est pas la version remixée du pop art. C'est au contraire un agencement par configuration d’espacement, la forme semblant donner priorité à la couleur.
Alors le dessin se mécanise et s'efface au profit du découpage spatial qui structure ses compositions plastiques.

aff_0 Anne-Frédérique Fer

Présentée avec ses titres de chapitres (automate, destinée, confrontation, ascension, traversée, mante et interdite), la série de photographies d'Anne-Frédérique Fer "(Dé)liée" doit être regardée comme un objet de lecture. Les titres apparentent à l'autofiction un travail graphique élaboré où la mise en scène d'accessoires de la vie privée sont mis à l'abîme pour faire naître la réflexion sur les symboles, les attachements et les pertes...

Antoine-Poncet_0 Antoine Poncet

De la sculpture d’Antoine Poncet semble émaner une certaine douceur quand notre regard la croise rapidement au détour d’un musée ou d’une fondation. Si les formes générales de ses oeuvres sont faites de courbes extrêmement polies, le contraste avec les dimensions, la masse, la matière et les arêtes vives provoque par un paradoxe plastique une émotion forte qui submerge celui qui s’attarde devant ces sculptures.

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Ikiou Park 

Ikiou s'affranchit sans hésitation de la décoration qu'il considère autoritaire et inutile. il choisi de peindre une forme simple et concrète de la réalité. Son travail fera écrire au poète Jean-Marie Blanche : « Ce tableau n'est-il pas que le reflet partiel de l'histoire de son peintre la tête dans le ciel ? »

Nino_1 Nino Trentinella

Une enfant fragile se promène sur la queue du dragon extrait des films de Miyazaki... L'œuvre de Nino Trentinella semble échappée de l'univers onirique et invraisemblable de l'iconographie asiatique. Saturés de détails étranges où le diable se cache, les esprits maléfiques sont bien présents menaçant les personnages innocents qui s'y meuvent.

Jean-Marie-Granier_1 Jean-Marie Granier

A la recherche d'un vocabulaire formel exprimant l'émotion et la sensation d'un paysage, Jean-Marie Granier a peint de manière libre de grands lavis carrés qui font intrinsèquement partie de son travail sur la Camargue des années 1970-71, constitué notamment  de plusieurs suites gravées. La verticalité d'un rai de lumière ou d'herbes immergées y modulent l'horizontalité des étendues d'eau, en un jeu de signes toujours renouvelé.

Egide_1 Egide 

L’art d’Egide se veut avant tout contemporain : la série « Les T-Riens » qui rassemble des gravures au burin et des impressions numériques, traite d’une recherche très actuelle sur les accrocs, les inconvénients et les aléas de la société technologique. Une œuvre provocatrice à souhait…mais jamais triste. Prendre l’être humain en défaut face à ses mensonges et ses faux-semblants est agréable à Egide !

Emmanuelle-Amsellem_1 Emmanuelle Amsellem

Ainsi qu’une peau que l’on souhaite caresser, comme une sorte de braille charnel, ce maillage noir en relief fait de la toile une surface contrastée abstraite ou figurative, mais lisible, sur le principe d’alternance entre la fragmentation et la défragmentation.

portrait-Amadou-SANAGO_1 Amadou Sanogo

Amadou Sanogo étouffe face à la violence symbolique de l’ethnographie européenne. Sans fuir la dialectique africano-européenne, il laisse toute latitude à celui qui regarde ses œuvres. Nous sommes libre d’y voir une mitraillette ou une table avec un soda, de comprendre la bouche comme un rire ou un cri de guerre, de penser la couleur noire qui couvre la moitié du personnage comme un homme à moitié noir ou à moitié blanc.

Li-Yang_1 Li Yang  李杨

Le rapport au corps de la jeune artiste Li Yang est médiatisé par une superposition de mises en scènes dans la même image. Au corps tatoué du sujet original se surajoutent par exemple, des écritures peintes à même la peau, s’y collent les étiquetages improbables d'un entomologiste confucéen… De ces corps rigidifiés surgit la nudité vraie des visages.

Alain-Prillard_0 Alain Prillard

L’hybridation entre les arts plastiques et l’écriture est une longue histoire, mais ici l’écriture devient brusquement image. L’artiste avoue avoir toujours été fasciné par les journaux et les magazines, ainsi son travail ose s’emparer de toutes les questions qui submergent notre société. Ce chaos vital dans lequel nous vivons, Alain Prillard en fait la matière brute de son œuvre.

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l'Objecteur (Valère Chanceaulme de Sainte-Croix)

Ici nous sommes dans l'abîme ensanglanté de la démarche expérimentale et de la performance vidéo. « L'inesthétique de la perturbation » et « la création contextuelle autonome » sont les maîtres mots de Valère Chanceaulme de Sainte-Croix... Le dernier jour d'une usine d'abattage, les acteurs ont tous perdu leur identité, remplacée par le masque fétiche.

Xiaoqing-Ding_1 Xiaoqing Ding  丁小青

Un récit mystérieux comme un conte de fée. Un ravissement adolescent et une tendresse enfantine, confrontés à une violence poussée à son paroxysme militaire. Les acteurs, gentils pandas et jeunes humains, jouent à une guerre qui semble dégénérer, ils sont servis par un dessin sensuel d’une précision chirurgicale qui accentue l’inquiétude d’une possible dégradation de notre monde.

Pedro-Castrortega_1 Pedro Castrortega

Cette peinture est une chimère ! C’est à la fois un portrait, un paysage, une nature morte et peut être même un nu. Pour Pedro Castrortega, la problématique de l’identité est essentielle… Mais qu’est ce que l’identité ? Toute personnalité étant multiple, Pedro la pense comme un ensemble global et comme une multitude de sensations. La réalisation du tableau entraînera une juxtaposition de perception pour décrire le même sujet.

Nathalie-Chamblas_1 Nathalie Chamblas

La surexposition d’images est ici synonyme de légèreté. Une résonance s’installe donc. La mémoire d’une multiplicité de moments vécus ou imaginaires resurgit par le déchiffrement de cette transparence. Il ne s’agit pourtant pas de la perception du temps mais d’une profondeur, c’est une construction presque architecturale de personnages figés dans un espace délimité.

Nayel-Zeaiter_1 Nayel Zeaiter

Scène de retour de chasse ! La dépouille d'un chevreuil ou de Saint Eustache, transportée dans le coffre d'une Citroën AX gris-vert tâchée de sang. Se confrontant systématiquement à l’iconographie officielle, qu’elle soit du Moyen Âge (représentation de la Châsse de Saint Eustache) ou d’un journal de la semaine dernière, Nayel Zaeiter réécrit l’histoire et transfigure la réalité par une métaphore picturale.

frank-denon_0 Frank Denon

Est-ce de la peinture, est-ce du dessin ? La gravité ne l’emporte pourtant pas et la désinvolture apparente, dissimule assez maladroitement une fragilité que la rudesse du geste semble écarter. Le travail paraît sans cesse n’être que l’illustration d’une page d’écriture ou de quelques paroles à la volée. Il n’y a pas de défi ici, mais seulement un grand silence que rien ne peut troubler.

png_0 Pierre Normann Granier

“Liturgies improbables”, dans le fond de l’image les arènes de Nîmes, où de nos jours se battent encore à mort des hommes contre des taureaux. Si cette arène symbolise notre monde, alors s'y déroule un certain nombre de liturgies nous permettant de donner sens. "J’ai photographié celles qui m’étaient proche, que je croyais connaître". En résulte cette serie de 6 images qui relate une vie, de la naissance aux honneurs.

Juan-de-Novist_0 Juan de Novist

Les collages de Juan de Novist s’inscrivent dans la tradition de la fresque politique sud-américaine. Ils sont le fruit d’un regard acéré sur notre monde, et témoignent seulement de ce qui semble être « des images d’un quotidien prises au lasso », sans ménagement, ni complaisance. Son travail est extrêmement discret et s’embarrasse peu des changements de l’époque. Il est un témoin silencieux, mais son rire est fracassant !