Antoine-Poncet_0Antoine Poncet

De la sculpture d’Antoine Poncet semble émaner une certaine douceur quand notre regard la croise rapidement au détour d’un musée ou d’une fondation. Si les formes générales de ses oeuvres sont faites de courbes extrêmement polies, le contraste avec les dimensions, la masse, la matière et les arêtes vives provoque par un paradoxe plastique une émotion forte qui submerge celui qui s’attarde devant ces sculptures.

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Antoine PoncetAlgébrica, 1985-1987, Bronze patiné, 22,5x49x14 cm
cette œuvre a également été réalisée en marbre blanc de Carrare à une échelle monumentale (120 x 235cm).
Ce marbre est aujourd'hui conservé au musée national d'Art moderne.
(
www.antoineponcet.com)

« A mes yeux  ce que nous faisons n’est justifié que s’il y a accès au rêve, au spirituel et à un certain humour. Les matières douces et brutales, issues de la nature, sont les réceptacles de ces valeurs essentielles. Il faut essayer de les violenter en les respectant. Les mains malaxent chaque jour un peu plus ces chairs de la terre, jusqu’à leur transmettre l’essentiel de nos émotions, de nos joies, de nos malheurs ou de nos enthousiasmes, puis pour moi, la croyance en l’homme, en la force de ses qualités, en son avenir. »


Antoine Poncet est né à Paris le 5 mai 1928. Il vit et travaille à Paris dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Il travaille également dans les carrières de Carrare, en Italie.

Ses origines

Antoine Poncet doit en partie sa vocation d’artiste à son environnement familial. Il est en effet le fils du peintre et verrier Marcel Poncet (1894-1953) et le petit-fils de Maurice Denis (1870-1943), grand peintre et théoricien du groupe des Nabis. En outre, Antoine Poncet porte le prénom du célèbre sculpteur et ami de son père Antoine Bourdelle.

Sa formation

Antoine Poncet a commencé la sculpture en 1942, puis, l’étudie à Zürich, Lausanne et Paris. Il a pour professeurs Germaine Richier, Casimir Reymond et Ossip Zadkine avant de devenir l’assistant et l’ami du grand sculpteur Jean Arp, avec lequel il réalise notamment le Berger des Nuages, pour l’Université de Caracas.

Son œuvre

C’est au contact de Jean Arp qu’Antoine Poncet passe à l’abstraction, en 1952. Depuis cette date, il crée dans le bronze et le marbre un vocabulaire de formes harmonieuses et sensuelles qui évoquent l’univers végétal autant que les courbes de corps féminins. Jamais pourtant les sculptures de Poncet ne sont réductibles à une allusion univoque. Amoureux des matériaux nobles, Antoine Poncet choisit ses marbres et ses patines avec la plus grande attention, ce qui lui permet d’obtenir des effets à la fois précieux et évidents, veloutés ou transparents, à la surface de ses sculptures. Le trajet de Poncet peut être résumé par une recherche de la simplicité, sans que jamais la puissance de sa sculpture ne soit trahie, ni sa profondeur niée.

Sa carrière

Depuis 1955, Antoine Poncet expose dans les galeries les plus prestigieuses en France, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon ou en Chine. Ses sculptures sont présentes dans des institutions de grande renommée comme le Museum of Modern Art de New York, l’Art Institute de Chicago, le Musée d’Art Moderne de Milan, le Museum of Open Arts d’Hakone au Japon ou le Centre Georges Pompidou à Paris. Antoine Poncet a également reçu de nombreuses commandes monumentales, pour des lycées, des banques, des hôpitaux, des hôtels, principalement en France et aux Etats-Unis, mais aussi à Osaka et Singapour. En 2009, il réalise une œuvre monumentale pour la ville d’Amsterdam et il projette actuellement la réalisation d’une sculpture pour le musée olympique de Pékin.

Ses titres

Antoine Poncet a représenté la Suisse à la Biennale de Venise de 1956 et son œuvre a été récompensé par de nombreux prix (prix Henry Moore du Musée Hakone au Japon, prix André Susse, prix de l’Hermitage…). Elu membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1993 il en assure la présidence pendant l’année 2009. Enfin, il est Chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Quelques textes

Antoine Poncet par Georges Borgeaud

« On pourrait en simplifiant prétendre qu’il existe deux catégories de sculpteurs. Les uns qui tirent parti des aspérités, des accents aigus et s’adonnent aux symboles. Les autres qui s’offrent le plaisir plastique tout nu, celui des volumes et des formes sans autre intention que de les pousser à l’harmonie la plus irréfutable, à préserver le lustre des matériaux, à céder au bonheur (…) »

« La sculpture d’Antoine Poncet n’a rien de hasardeux. Elle n’aurait pas la signification qu’elle prend si elle ne se donnait pas comme souci primordial la recherche d’une forme idéale qui chez lui est un absolu qui n’a pas besoin de la ressemblance. On ne peut devant elle que pousser des interjections. Bien entendu, ce n’est pas suffisant. Pourquoi doit-on se demander si la présence de proportions indiscutables ne serait pas une gourmandise pour l’intelligence et la sensibilité, une synthèse qui n’est pas si fréquente en art ? »

Texte écrit pour l’exposition Antoine Poncet à la galerie Darthea Speyer, Paris, 1997.

Antoine Poncet par Lydia Harambourg

« Antoine Poncet développe une thématique simple, pour laquelle la nature s’offre comme un vivier formel abstrait mais sensible. Un répertoire qui emprunte ses apparences naturelles au monde végétal et floral, humain. Les formes réagissent aux injonctions plastiques de la sculpture. Jaillies du bloc, qui les tenait prisonnières, elles s’offrent à une métamorphose nouvelle qui peut être perçue comme une aile, une flamme ou un corps féminin. La forme palpite, appelle le toucher. Débarrassée de tout contexte réel, et sentimental, sa sculpture dégage une spiritualité, où confiance et foi en l’homme se rejoignent pour un hymne à la vie. »

Extrait de l’allocution de Lydia Harambourg, critique et écrivain d’art, pour l’exposition Antoine Poncet / Olivier Debré à Artrium, Genève,  février 2005.

Expositions

1949 Lausanne, Studio Pour l'Art

1955 Winterthur, Kunstmuseum

1962  Paris, Galerie Jean-Louis Roque

1962  Londres, Brook street Gallery

1966 Göteborg, Galerie Axelsen

1966  Paris, Galerie Marbach

1966  Amsterdam, Galerie d'Eendt

1969  Paris, Galerie La Demeure

1969  Marseille, Galerie Grégoire

1969  Paris, Musée Galliera

1970  Carennac, Galerie du Prieuré

1972  Lausanne, Galerie Alice Pauli

1972  Paris, Galerie Fabien Boulakia

1973  New York, Galerie Charles Slatkin

1973  Toronto, Galerie Hedy Stevens

1974 La Chaux-de-Fonds, Musée des Beaux-Arts

1974  Berne, Galerie Schindler

1975  Bruxelles, Galerie de France et du Bénélux

1975  Bellelay, Abbaye de Bellelay

1977  Lausanne, Fondation Casimir Reymond

1978  New York, Weintraub Gallery

1979  Paris, Musée Bourdelle

1979  Anvers, British Petroleum

1980 New York, Weintraub Gallery

1980  Eindhoven, Galerie Hoogsteder

1981  Luwembourg, Galerie Paul Bruck

1983  Lausanne, Galerie Alice Pauli

1984  Luwembourg, Galerie du Luxembourg

1985  Tarbes, Ville de Tarbes

1988  Luxembourg, Galerie du Luxembourg

1991  Bruxelles, Galerie Dieleman

1992  Martigny, Fondation Pierre Gianadda

1993  Metz, Parc de l'Arsenal

1994 Yverdon, Hotel de ville

1996 Paris, Galerie de l'Ecluse

1997 Paris, Galerie Darthea Speyer

1999 Baden-Baden , Frank Pages Art Galerie

2000 Tokyo, Contemporary Sculpture Center

2003 Paris, Galerie Bérès

2004 Château-Neuf-du-Pape, Château de la Nerthe

2006 Genève, Artrium

2009 Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Fondation Coubertin

2010 Shanghai, Jing’An Sculpture Park

Principales collections

Chicago, Art Institute of Chicago

Hakone, Museum of Modern Art

Jérusalem, Musée

Künzelsau, Museum Würth

La Chaux-de-Fonds, Musée des Beaux-Arts

Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts

Le Havre, Musée des Beaux-Arts

Memphis, Dixon Gallery and Gardens

Minneapolin, Museum Institute of Arts

Montréal, Musée des Beaux-Arts

New York, Museum of Modern Art

Paris, Centre Georges Pompidou

Paris, Fonds Régional d’Art Contemporain d’Ile-de-France

Paris, Musée d’art moderne de la ville de Paris

Paris, Musée de sculpture de plein air

Toronto, Museum of Fine Arts

Washington D.C., Hirshorn Collection

Quelques réalisations monumentales

1966 : Hélys des mers, Lausanne, Swiss Atlantic

1967 : Pinceonde, Pékin, Ambassade de Suisse

1967 : Lovemauresque, Atlanta, Oxford Chemical (Don de Nathan Cummings)

1968 : Agrippine, Deerfield (Illinois), Kitchen of Sarah Lee (Don de Nathan Cummings)

1968 : Sensoraya, Arts Center Connecticut College (Don Nathan Cummings)

1970 : Aurore, Rueil Malmaison, lycée

1970 : Oriflammes, Saint-Brieuc, lycée

1972 : Chairechère, Villefranche-sur-Saône, lycée

1975 : Flamboyante, Genève, Place des Bergues

1979 : Froidamante, Saclay, Ecole polytechnique

1984 : Ailaborée ou Montrailes, Montreux, Parc de Vernex

1984 : Marina Flower, Singapour, Marina Center

1990 : Aube, Dorigny, Université de Lausanne

1990 : L’Embellie, Nanterre, Siège de la société Dumez

1992 : Secrète, Martigny, Ville de Martigny

1998 : Sentinaile, Metz, Arsenal

2001 : Scheutbos, Centre gériatrique

2009 : Translucide, Amsterdam

2010 : L’Orgnon, Shanghaï, Jing’An Sculpture Park

Bibliographie sélective

Sculpture d’Antoine Poncet : Résonances poétiques avec Jean Arp et Philippe Jaccottet, cat. Exp., Saint-Rémy-les-Chevreuses, Fondation de Coubertin, 2009

Veneau (Gildas) et al., Antoine Poncet, Ed. de l'Education du Hebei, Editions des œuvres des académiciens de l'Académie des Beaux-Arts de France, 2005

Trois générations d'artistes : Maurice Denis, Marcel Poncet, Antoine Poncet, Cat. Exp., Paris, Musée Bourdelle : juin-septembre 1979, Paris, Musée Bourdelle, 1979

Jianou (Ionel), Antoine Poncet, Paris, Arted-Ed. d'art, Les grands sculpteurs, 1975

Marbres de Poncet, [Textes par : Giuseppe Marchiori, François Stahly, Jean Follain], Vichy :  Editions de la Rose des vents , 1969

Chevalier (Denys), Antoine Poncet, Le Mont-sur-Lausanne, La Rose des Vents, 1961