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9 masques traditionnels africains redesignés par l’artiste Orémi. Les déchets des industries chinoise ou européennes ne sont jamais perdus en Afrique. Quand ce n'est vraiment plus récupérable, on en fait de l’Art !
À nous de deviner la part de l’Afrique, de la Chine et de l’Europe dans les œuvres de cet artiste.

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Orémi, Masque (détail), 2011.


Des ordures au delà du sacré

Parler d’Orémi, c’est avant tout parler de son choix sur sa vie. Initié à l’artisanat d’art, ébéniste, sculpteur bijoutier, fondeur d’argent et d’or à Abidjan. Il décide de faire son acte fondateur, créer à partir des métaux précieux qu’il découvre dans les décharges (Capsules de bière, processeur électronique, bouteille plastique..) des masques à l’aide de vieille calebasse.
Ce passage à la création est probablement la conséquence de son dernier métier effectué au Gabon, Couronniste pour les fêtes des vivants et surtout des morts.
Entre son père Yorubas du Bénin et sa maman Bantou du Gabon, les histoires familiales sont marquantes. C’est ainsi que ses faces revisitent la symbolique Vaudou. Comme ses sculptures interpellent les catholiques. Son Christ en croix pour la venue du pape Benoit XVI au Bénin, sera excommunié par l’évêque du lieu. Principalement par son manque de tête remplacé par une cloche, plus que par les milliers de capsules de bière constitutives de la sainte croix.
Regardez ce visage où les cauris inversés prennent la place du regard et des lèvres pulpeuses.
Où l’étrange bouchon étonné stabilise la dissymétrie entre noir et rouge autour d’un regard pincé.
Ici cette cloche et ce métal rougi sont comme les symptômes du malheur de ceux qui captifs ont vu au delà du vaste fleuve, l’Afrique comme inversée.
Toutes ces associations de mondes sortent de la face d’un homme seul au creux d’une baraque en tôle, chauffée à blanc par la vie qui s’accumule en foule au bout de la piste de l’aéroport de Cotonou Bénin Afrique.