Juan-de-Novist_0Juan de Novist

Les collages de Juan de Novist s’inscrivent dans la tradition de la fresque politique sud-américaine. Ils sont le fruit d’un regard acéré sur notre monde, et témoignent seulement de ce qui semble être « des images d’un quotidien prises au lasso », sans ménagement, ni complaisance. Son travail est extrêmement discret et s’embarrasse peu des changements de l’époque. Il est un témoin silencieux, mais son rire est fracassant ! « Je suis un visionnaire et le reste du monde porte des culs de bouteilles ! » dit-il, reprenant ainsi une mystérieuse citation de Butch Cassidy… Un « cousin » pas si éloigné sans doute.

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Juan de NovistSacré-Paulo !, 60x70 cm, tirage numérique jet d'encre, 2011.


Juan de Novist est un  « artiste idiot » ! Du moins c’est lui qui le dit !

Il ne sait pas dessiner, ne sait pas  peindre, et ignore l’informatique.

Son passe-temps favori est la pêche, ce qu’il pratique avec brio, et sans se départir de son humour, lorsqu’il constate son incapacité là encore à être un praticien de qualité.

Par contre il observe patiemment, et sait se faufiler dans les foules usant de son seul talent (attention, c’est encore lui qui le dit !) le vol !

Il vole allégrement tout ce qui traîne à porter de mains, telles des revues, des photographies, des stylos ( sa collection est considérable !) et par moments même des tasses à café dans chacune des villes qui l’accueillent. Il n’est donc pas forcément le bienvenu, surtout dans un lieu à vocation culturelle, et il le sait. Il observe la nature, et vit entouré d’oiseaux de toute espèce, Toucans, Perroquets et Colibri en quantité ! Il dit aussi que son voisin le plus proche (et le plus illustre !) est Gabriel Garcia Marquez, mais là encore il exagère, tant sa petite maison est loin du Village d’Aracataca. Dans tous les cas, il ne veut pas revenir en Europe, son age lui servant abusivement d’alibi et il souffre de s’élever dans les airs. Il laisse ce soin à « ceux qui en veulent ! » .

Les collages de Juan sont ironiques et semblent figés dans une autre époque.

Antonio Ibardin
Santa Fé de Bogota, Juin 2009