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“Junya Ishigami” Freeing architecture
à la Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris

du 30 mars au 10 juin 2018



www.fondation.cartier.com

 

© Anne-Frédérique Fer, vernissage presse, le 29 mars 2018.

2385_Junya-Ishigami2385_Junya-Ishigami2385_Junya-IshigamiLégendes de gauche à droite :
1/  Junya Ishigami, House with Plants, Interior view of House with Plants. © junya.ishigami+associates.
2/  Junya Ishigami, Kanawaga Institute of Technology - Workshop, Interior view of Kanagawa Institute of Technology Workshop. © junya.ishigami+associates.
3/  Junya Ishigami, Art Bio Farm, Perspective view of Art Biofarm. © junya.ishigami+associates.

 


2385_Junya-Ishigami audio
Interview de Isabelle Gaudefroy, commissaire de l'exposition,
par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 29 mars 2018, durée 16'53". © FranceFineArt.

 


extrait du communiqué de presse :

 

commissariat :
Isabelle Gaudefroy, directrice de la programmation et des projets artistiques à la Fondation Cartier pour l'art contemporain




« J’aime penser l’architecture librement, avoir une vision la plus souple, la plus ouverte, la plus subtile possible, pour dépasser les idées reçues sur l’architecture. » Junya  Ishigami



Du 30 mars au 10 juin 2018, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Freeing Architecture, la première grande exposition personnelle de Junya Ishigami. Figure majeure et singulière de la jeune scène architecturale japonaise, Lion d’or à la Biennale d’architecture de Venise en 2010, Junya Ishigami est l’auteur d’une oeuvre conceptuelle et poétique dans laquelle le paysage tient une place prépondérante.

À l’occasion de l’exposition Freeing  Architecture, conçue spécialement pour la Fondation Cartier, l’architecte dévoile une vingtaine de ses projets architecturaux en Asie et en Europe à travers une série de maquettes de grandes dimensions, accompagnées de films et de dessins documentant leurs différentes étapes de conception et de construction. Dialoguant avec le bâtiment iconique de Jean Nouvel, cet événement est également la première exposition personnelle de grande envergure que la Fondation Cartier pour l’art contemporain consacre à un architecte.



Une oeuvre singulière, récompensée par de nombreux prix
Dans ses oeuvres architecturales qu’il compare volontiers à des paysages, des nuages ou des forêts, Junya Ishigami fait disparaître la frontière entre environnement extérieur et espace intérieur. Puisant son inspiration dans la nature et revendiquant une part de rêve dans ses créations, il érige la délicatesse au rang de vertu.
Né en 1974 dans la préfecture de Kanagawa, au Japon, Junya Ishigami appartient à la jeune génération d’architectes japonais qui a émergé dans les années 2000 dans le sillage de Toyo Ito et Kazuyo Seijima, et à laquelle le MoMA a récemment consacré une grande exposition. Formé à l’université des Beaux-Arts de Tokyo, Junya Ishigami fait ses armes en tant qu’architecte au sein de l’agence SANAA avant de fonder junya.ishigami+associates en 2004. Semblant s’affranchir des contraintes et des règles de l’architecture, son oeuvre est rapidement reconnue pour sa singularité et couronnée par de nombreux prix. Parmi ses projets de grande envergure, figurent la construction en 2008 de l’Institut de technologie de Kanagawa, un bâtiment exceptionnel par sa légèreté et la continuité qu’il offre entre l’intérieur et l’extérieur ; la restauration et la transformation en musée-jardin du musée polytechnique de Moscou depuis 2011 ; et la conception en 2014 de la House of Peace pour la ville de Copenhague, un immense bâtiment en forme de nuage reposant sur l’eau conçu comme un symbole de paix.

Des maquettes comme oeuvres architecturales
Dans Freeing Architecture, Junya Ishigami développe ses recherches les plus récentes sur la fonction, la forme, l’échelle et l’environnement en architecture, esquissant ainsi sa vision du futur du premier art. À travers plus de quarante maquettes ainsi que de nombreux films et dessins, l’exposition présente une vingtaine de projets, de leur genèse à leur complexe processus de réalisation. Loin d’être des outils de travail préalables à la construction, les maquettes réunies dans l’exposition ont été réalisées pour l’occasion. On devine, en contemplant ces oeuvres façonnées à la main et assemblées dans le studio de l’architecte pendant près d’un an, les nombreuses étapes et le travail minutieux qui ont conduit à leur apparence finale. Toutes différentes par leurs matériaux, leurs dimensions et leur niveau de détail, elles offrent un aperçu de la lente maturation nécessaire à la création des oeuvres architecturales de Junya Ishigami. Des oeuvres dont la dimension poétique repose sur l’expérimentation autant que sur la théorie, le savoir et la technologie.

Un nouveau paysage
Junya Ishigami conçoit l’environnement alentour comme une partie intégrante de chacun de ses projets. Il intègre le paysage dans son travail, le magnifiant toujours et allant même jusqu’à le transformer, comme dans son projet de lac artificiel à Rizhao en Chine dessiné pour laisser passer, en son milieu, une longue promenade d’un kilomètre ; ou dans celui de forêt à Tochigi au Japon pour lequel plus de trois cent arbres ont été déplacés de leur emplacement d’origine et replantés sur un terrain à proximité.

L’architecture comme phénomène naturel
Véritable ode à la liberté, l’exposition Freeing Architecture démontre l’étonnante capacité de Junya Ishigami à penser sa pratique hors des limites du savoir-faire et de la pensée architecturale. Elle invite à un voyage dans l’imaginaire de l’artiste, révélant une pluralité de mondes poétiques et sensibles. Une ligne dessinée dans le ciel esquisse un monument (Sydney Cloud Arch, Sydney, Australie), un collage d’illustrations et de dessins pour enfants sert de motif au toit d’un jardin d’enfants (Forest Kindergarten, Shandong, Chine). Junya Ishigami aime à penser que l’architecture peut se former naturellement, à l’image d’une pierre qui se construit dans le temps, par sédimentation et érosion. Un projet de restaurant et d’habitation pour un chef dans le sud du Japon est envisagé « comme un rocher » (House and Restaurant, Yamaguchi, Japon). Entre terre et ciel, un lieu semi-ouvert pour les étudiants d’une université évoque un ciel changeant barré par un horizon imaginaire (University Multipurpose Hall, Kanagawa, Japon). Pensée elle-même comme un projet architectural, l’exposition Freeing Architecture prend tout son sens au sein de l’environnement pour lequel elle a été imaginée : le bâtiment de Jean Nouvel entouré du jardin de Lothar Baumgarten. Minutieusement scénographiée, l’exposition dessine dans chaque salle un nouveau paysage, laissant le visiteur se promener le long d’un chemin sinueux et découvrir sans cesse de nouvelles perspectives. La gigantesque reproduction à l’échelle 1/10 d’une très haute église toute en courbes (Chapel of Valley, Rizhao, Chine) côtoie la maquette d’une maison-jardin à la structure métallique rectiligne aménagée avec de vraies plantes et celle de la maison transparente du parc de Vijversburg en Hollande, posée au niveau du sol. Regroupés par affinités électives, les projets forment des chapitres comme par exemple celui du « monde de l’enfance » et des « projets-nuages ». Dans les espaces ouverts et dépourvus de murs de la Fondation Cartier, la juxtaposition de petites et de grandes maquettes, ainsi que d’immenses collages et de dessins, créent une atmosphère tour à tour solennelle, onirique, joueuse ou calme.

Regards sur une oeuvre kaléidoscopique
Jardins d’enfants, église, musée, parc paysagé, maison-restaurant, maison-jardin, monument, sculpture urbaine… la variété des constructions présentées dans l’exposition Freeing Architecture témoigne de la richesse et de la complexité d’une oeuvre flexible et en réinvention constante. Refusant l’éventualité même d’un style unique, Junya Ishigami revendique au contraire l’inscription de chaque bâtiment dans un contexte esthétique qui lui est propre, déterminé par son environnement, sa fonction, ses occupants et son commanditaire. L’architecte aborde chacun de ses projets sans idée préconçue, n’hésitant pas à remettre en question l’ensemble de sa pratique tant d’un point de vue esthétique que technique. L’apparente sobriété de ses bâtiments passe volontairement sous silence l’incroyable complexité de leur mise en oeuvre. Qu’il utilise le terrain d’une habitation à construire pour y creuser le moule de sa structure en béton (House and Restaurant, Yamaguchi, Japon), qu’il choisisse de déplacer toute une forêt destinée à être abattue pour composer un paysage onirique parsemé d’arbres et d’étangs (Art Biofarm, Tochigi, Japon) ou qu’il réalise l’extension d’un musée par le bas en dévoilant et en magnifiant ses fondations (Musée Polytechnique de Moscou, Russie), Junya Ishigami est l’auteur d’une oeuvre empreinte de poésie et de simplicité, derrière laquelle se cachent de véritables défis techniques mis au service d’une réflexion sur la place de l’homme au sein de l’architecture.